Il y a encore deux ou trois ans, le sujet semblait réservé aux géants de la tech. Aujourd'hui, il s'est invité jusque dans les studios de montage, les agences de production et les plateaux de tournage. L'intelligence artificielle fait désormais partie des conversations du secteur audiovisuel. Certains y voient une révolution, d'autres un simple gain de temps. Une chose est sûre : les futurs professionnels ont tout intérêt à comprendre ce qui est en train de changer, notamment lorsqu'ils envisagent une formation réalisateur.
Des films récents montrent déjà la tendance
Le sujet n'est plus théorique. Ces derniers mois, plusieurs productions ont reconnu avoir utilisé l'intelligence artificielle à différentes étapes de fabrication. Le film The Brutalist, récompensé lors de la dernière saison des festivals, a notamment fait parler de lui après l'utilisation d'un outil permettant d'affiner certains dialogues en postproduction. Quelques années plus tôt, Lucasfilm avait également impressionné le public en recréant numériquement la voix de Dark Vador grâce à des technologies d'apprentissage automatique.
Ces exemples ont parfois alimenté les débats, mais ils montrent surtout une réalité : les outils évoluent. Comme l'arrivée du numérique a transformé les méthodes de tournage dans les années 2000, l'intelligence artificielle trouve progressivement sa place dans les habitudes de travail des équipes audiovisuelles.
Pour les étudiants qui suivent une formation réalisateur, comprendre ces évolutions devient aussi important que maîtriser les fondamentaux du cadrage ou du montage.
Les logiciels que les professionnels utilisent déjà
En réalité, beaucoup de créateurs utilisent déjà l'IA sans forcément y penser. Dans Adobe Premiere Pro, la génération automatique de sous-titres est devenue un réflexe pour de nombreux monteurs. DaVinci Resolve permet quant à lui de suivre automatiquement un sujet dans une image ou de faciliter certaines retouches qui demandaient auparavant de longues heures de travail.
Lorsqu'un vidéaste passe moins de temps à retranscrire une interview ou à détourer un personnage image par image, il peut consacrer davantage d'énergie à ce qui fait la qualité d'une réalisation : le rythme, la narration et l'émotion.
Chez ACFA Multimédia Lille, la formation réalisateur permet justement d'apprendre à travailler avec ces outils sans jamais perdre de vue l'essentiel : raconter une histoire.
Ce que la technologie ne sait toujours pas faire
Malgré toutes les avancées récentes, certaines choses restent impossibles à automatiser. Une machine ne sait pas pourquoi un plan doit durer quelques secondes de plus. Elle ne ressent pas le malaise d'un silence, la tension d'un regard ou l'énergie d'une scène tournée sur le vif.
Quand Christopher Nolan choisit de limiter les effets numériques dans ses films ou lorsque Jacques Audiard construit la progression émotionnelle de ses personnages, ce ne sont pas des décisions techniques. Ce sont des choix de mise en scène. Et c'est précisément cette sensibilité qui distingue un réalisateur d'un simple utilisateur de logiciel.
C'est aussi ce que les étudiants développent au fil d'une formation réalisateur : apprendre à faire des choix, défendre une intention et donner du sens aux images.
Un métier qui continue d'évoluer
Les réalisateurs de demain travailleront probablement avec des outils très différents de ceux utilisés il y a dix ans. Pourtant, les qualités recherchées resteront les mêmes : être curieux, savoir raconter une histoire, comprendre son public et porter une vision.
La formation réalisateur proposée chez ACFA Multimédia Lille permet justement de construire ces bases tout en restant connecté aux évolutions du secteur. Car les technologies passeront, évolueront ou disparaîtront. Les bonnes histoires, elles, resteront toujours au centre du cinéma, de la vidéo et de l'audiovisuel.