En 2026, les plus grosses sorties cinéma révèlent des choix technologiques radicalement différents. De la caméra IMAX repensée au rendu par intelligence artificielle, ce panorama technique intéresse directement tout étudiant en bts audiovisuel curieux des coulisses de production.
L'Odyssée : le pari d'une caméra IMAX entièrement repensée
Pour L'Odyssée, Christopher Nolan a poussé la prise de vue réelle à son extrême. Le film est le premier long métrage intégralement tourné avec des caméras IMAX 70 mm, un format habituellement réservé à quelques plans par production tant l'équipement est volumineux et bruyant. Pour rendre ce choix possible sur les scènes dialoguées, le réalisateur a fait développer avec IMAX une nouvelle caméra baptisée Keighley, nettement plus silencieuse que le modèle MSM-9802 utilisé jusque-là, et équipée d'un caisson insonorisant construit sur mesure. Sept caméras au total ont tourné en simultané sur les plateaux. Cette prouesse technique, qui explique en partie l'un des plus gros budgets de la carrière du cinéaste, illustre une approche où l'innovation matérielle est développée spécifiquement pour un seul film plutôt qu'empruntée à un catalogue existant. C'est précisément ce type de choix technique, entre contrainte artistique et ingénierie, qu'apprend à décrypter un étudiant en bts audiovisuel lorsqu'il étudie les grandes productions internationales.
Toy Story 5 : quand le rendu 3D s'appuie sur l'intelligence artificielle
Chez Pixar, la technologie ne se joue pas sur le plateau mais dans les logiciels de fabrication de l'image. Pour Toy Story 5, les équipes ont utilisé une nouvelle génération de leur moteur de rendu maison, RenderMan XPU, capable d'exploiter la puissance de calcul des cartes graphiques pour accélérer un rendu final habituellement très gourmand en ressources. L'animation de foules complexes, comme une armée de cinquante figurines Buzz l'Éclair, a été construite grâce au format ouvert USD et à son module USDSkel, chaque personnage recevant malgré tout des mouvements individualisés grâce au système Presto Crowd. Des rigs spécifiques ont même été créés pour un cheval jouet et pour la simulation de cheveux bouclés, preuve que chaque élément visuel, même secondaire, mobilise des outils dédiés. Cette manière de combiner logiciels historiques et calcul par intelligence artificielle est devenue un standard que tout enseignement en bts audiovisuel doit désormais intégrer à ses contenus.
La Bataille de Gaulle : le drone au service de la reconstitution historique
Pour reconstituer les grandes batailles du diptyque La Bataille de Gaulle, la production a combiné tournage terrain et effets visuels numériques réalisés par le studio français BUF. Les décors naturels de Corse ont notamment été captés par drone afin de fournir un arrière-plan montagneux réaliste, ensuite intégré numériquement aux scènes de combat. Un plan aérien de bombardement naval, où la caméra traverse la fumée noire d'un affrontement, illustre bien cette hybridation entre prise de vue réelle et compositing. Le tournage, mené en France, au Maroc et au Royaume-Uni, a nécessité d'inventer de nouveaux processus de production, faute de précédent d'une telle ampleur dans le cinéma français. Cette capacité à faire dialoguer captation terrain, drone et effets numériques est un savoir-faire central du bts audiovisuel, formation qui initie justement à ces workflows hybrides.
Supergirl : le tournage tout numérique certifié IMAX
Contrairement à L'Odyssée, Supergirl illustre l'autre grande tendance du cinéma américain : le tournage numérique haut de gamme. Le film a été capté avec des caméras Sony CineAlta Venice 2 certifiées IMAX, un choix qui garantit un master 4K exploitable aussi bien pour les salles standards que pour les écrans premium. Cette approche, plus flexible qu'une caméra pellicule, permet de tourner davantage de prises et de simplifier l'étalonnage en postproduction, notamment pour intégrer les standards HDR10 et Dolby Vision utilisés lors de l'exploitation vidéo. Le choix d'un capteur numérique plutôt que de la pellicule reste aujourd'hui la norme sur la grande majorité des productions à gros budget, un point que tout parcours en bts audiovisuel aborde en détail tant il structure les workflows de tournage contemporains.
Ce que ces productions révèlent sur les compétences attendues en bts audiovisuel
Ces quatre films montrent qu'il n'existe plus une seule façon de fabriquer une image de cinéma. Certaines équipes misent sur l'innovation matérielle et la prise de vue réelle, d'autres sur la puissance de calcul et les workflows numériques, d'autres encore sur l'hybridation entre tournage terrain et effets visuels. Maîtriser cette diversité d'outils, de la caméra au logiciel de rendu, est justement l'objectif d'un bts audiovisuel. Cette formation permet d'acquérir les bases techniques en prise de vue, en production audiovisuelle et en postproduction, indispensables pour évoluer ensuite dans les métiers du cinéma, de la télévision ou des plateformes de streaming. Se former aux techniques audiovisuelles aujourd'hui, c'est se donner les moyens de comprendre, et demain de fabriquer, les images qui occuperont les salles de cinéma de la prochaine décennie.