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Ce que le streaming n'arrivera jamais à remplacer

Le cinéma traverse une période charnière. Entre une fréquentation qui reprend des couleurs après le chaos du Covid et des plateformes de streaming qui ont transformé nos habitudes, le secteur se recompose. Mais déclarer la partie perdue pour les salles serait aller un peu vite. Et pour ceux qui envisagent une formation réalisateur, comprendre ce paysage en mutation est devenu indispensable.

 

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La salle résiste, pas sans cicatrices

En 2024, la France affiche 181 millions d'entrées — en légère hausse par rapport à 2023, et meilleure reprise post-Covid de tous les grands marchés comparables, selon le CNC. Trois films français figurent dans le top 5 de l'année : Un p'tit truc en plus, Le Comte de Monte-Cristo et L'Amour ouf. La part de marché du cinéma français atteint son plus haut niveau depuis 15 ans, à 44,4 %.

Reste que l'avant-crise semble encore loin. En 2019, les Français étaient plus de 209 millions à pousser les portes d'une salle. L'écart est là, et il rappelle que la fidélité du public ne se décrète pas — elle se reconquiert.

 

Le streaming a changé les règles du jeu

Netflix, Disney+, Amazon Prime Video : en quelques années, ces plateformes ont installé un réflexe nouveau chez les spectateurs. Se poser sur son canapé plutôt que traverser la ville par temps de pluie, c'est devenu une option par défaut pour beaucoup. Netflix capte encore plus de la moitié du marché français des plateformes, même si sa part s'érode progressivement depuis 2022.

Ce qui surprend nos étudiant en formation réalisateur, c'est le profil des abonnés : les plus de 50 ans représentent un tiers des utilisateurs de plateformes en France. Les 15-24 ans, eux, sont moins accros au streaming long qu'on ne l'imaginerait — captés qu'ils sont par les formats courts des réseaux sociaux. Le match n'est donc pas aussi simple que "jeunes contre vieux", ni "salle contre canapé".

 

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Oser davantage pour remplir les salles

Face à ce contexte, les cinémas auraient tout à gagner à élargir leur programmation. L'exemple américain est parlant : lors de la diffusion de la saison 4 de Stranger Things, des projections événementielles en salle ont attiré des files d'attente inattendues. En France, une telle initiative aurait pu remplir des salles entières pendant des semaines. Ce n'est pas qu'une anecdote — c'est une piste sérieuse.

Des retransmissions de concerts en direct, des one-man-shows en projection géante, des événements sportifs... La salle dispose d'atouts que le streaming n'a pas : le collectif, l'écran immense, le son de qualité. Tout professionnel issu d'une formation réalisateur sait que l'image prend une autre dimension dans une vraie salle. La question, c'est de savoir si les exploitants sont prêts à bousculer leurs habitudes.

 

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Des innovations bien réelles

Nos étudiants en formation réalisateur le savent, les salles n'ont pas attendu les bras croisés. La 4DX — sièges qui bougent, effets de vent, de pluie, vibrations synchronisées avec l'image — compte désormais 45 salles en France, principalement chez Pathé Gaumont et Kinepolis. La technologie ScreenX propose une projection à 270 degrés pour envelopper littéralement le spectateur. Chez CGR, la salle ICE associe projection laser 4K, son Dolby Atmos et fauteuils larges de 65 cm. Loin du siège inconfortable d'autrefois.

Ces formats "premium" attirent un public qui cherche une vraie raison de sortir de chez lui — et qui la trouve. Leur limite : ils restent concentrés dans les grandes villes. Le cinéma de quartier, lui, est souvent laissé à ses propres moyens.

 

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Quand la loi complique la donne

Il y a un sujet dont on parle peu mais qui pèse lourd : la chronologie des médias. Cette réglementation française fixe les délais entre la sortie d'un film en salle et sa mise en ligne sur les plateformes. Le principe est simple : plus un diffuseur finance le cinéma français, plus sa fenêtre d'attente est courte. Netflix attend 15 mois, Disney+ 9 mois depuis un accord signé récemment.

L'intention est louable : protéger les salles, garantir leur exclusivité. Mais dans les faits, certaines plateformes qui refusent ces accords choisissent de ne pas passer par les salles françaises du tout — préférant une sortie directe sur leur service. En voulant protéger le cinéma, la loi pousse parfois certains acteurs à le contourner entièrement. La frontière entre protection et rigidité est parfois très mince.

 

 

Le cinéma n'est pas en train de mourir. Il cherche sa nouvelle forme. Les salles qui survivront sont celles qui oseront — sur la programmation, l'expérience, l'ouverture à d'autres contenus. Et les professionnels formés pour y travailler auront un rôle clé à jouer. Une formation réalisateur solide, c'est aussi apprendre à lire ce paysage en mouvement, pour mieux y trouver sa place — que ce soit derrière une caméra de cinéma ou sur un plateau de streaming.

 

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