Il y a des formations qui vous apprennent à manipuler une caméra. Et puis il y en a d'autres qui vous apprennent à regarder. L'atelier documentaire proposé par l'ecole de cinema montpellier aux étudiants de la formation réalisateur-monteur, fait clairement partie de la deuxième catégorie. En deux semaines, les étudiants doivent produire un portrait.
Un sujet simple, une exigence rare
Le principe de cet atelier tient en quelques mots : choisir une personne de votre entourage, un voisin, un artisan, un membre de votre famille, et en faire un film documentaire de cinq minutes. Pas plus. C'est très court, et c'est justement là que ça devient difficile.
Parce que cinq minutes, ça oblige à choisir. À trancher. À décider ce qui reste et ce qui disparaît. Le film de référence proposé aux étudiants, KISMET , A Journey With Adrien Brody, donne le ton : il s'agit de raconter une personne à travers ses gestes, ses lieux, ses silences. Pas de résumer une vie en quelques dates.
La question centrale que chaque étudiant doit se poser, et à laquelle son film doit répondre, est explicitement posée dans le cahier des charges : Qu'est-ce que cette personne me permet de raconter à travers son vécu ? Ce n'est pas une question biographique. C'est une question de cinéma.
Deux semaines, une vraie discipline de tournage
Ce qui frappe dans l'organisation de cet atelier proposé par l'ecole de cinema montpellier, c'est la densité. En quinze jours, les étudiants passent par toutes les étapes d'une production documentaire réelle : masterclass sur les formes documentaires, journée d'écriture, atelier son, tournage, montage, finalisation, projection publique.
Entre écriture, tournage, montage, mixage, étalonnage et projection, le travail ne manque pas en deux semaines.
Cette cadence, serrée, exigeante, professionnelle, est précisément ce qui distingue une école de cinéma montpellier comme ACFA Multimédia d'une simple initiation technique. On n'y apprend pas à utiliser un logiciel. On y apprend à tenir un projet de bout en bout, sous contrainte de temps et avec une vraie responsabilité éditoriale.
L'image ne suffit pas, le son non plus
Un point souvent négligé dans les formations courtes : le son. Ici, il fait l'objet d'un atelier entier. Conception de l'univers sonore, préparation des prises de son, réflexion sur la narration sonore. Parce qu'un documentaire se construit autant à l'oreille qu'à l'œil.
Le cahier des charges est d'ailleurs très clair sur ce point : la voix off ne doit pas répéter ce que l'image montre déjà. Elle doit apporter une pensée, une émotion, une contradiction.
Réaliser un mini portrait documentaire en deux semaines dans une ecole de cinema montpellier, c'est une épreuve formative au sens le plus noble du terme. Ça confronte à des choix réels, à des contraintes professionnelles, à la responsabilité de mettre une vraie personne en image. Les étudiants qui passent par cet atelier ne repartent pas seulement avec un film dans leur portfolio. Ils repartent avec une façon de regarder le monde qui ne les quittera plus.