Dune: Partie trois abandonne le tout-numérique. Pour la première fois dans la franchise, Denis Villeneuve intègre de la véritable pellicule 65mm et de l'IMAX 15-perf, sous la direction du chef opérateur Linus Sandgren. Depuis quelques semaines, la question se pose : pellicule ou numérique, lequel des deux rend vraiment justice à Arrakis ? C'est le type de question que se pose tout réalisateur avant le tournage.
Pellicule 65mm contre numérique : pourquoi ça ne se mélange pas tout seul
Linus Sandgren a fait un choix qui divise. Shooter une partie de Dune: Partie trois sur pellicule 65mm et l'autre partie en numérique, c'est s'exposer à un problème concret : les deux médiums n'ont pas le même grain, pas le même contraste, pas la même réponse à la lumière. La pellicule 65mm produit des hautes lumières qui "clippent" doucement, avec une latitude d'exposition large. Le capteur numérique, lui, encode l'information différemment, plus propre, parfois trop propre, au bord de la déformation.
Ce que Sandgren appelle une captation hybride n'est pas un choix anodin, cela s'apprend en formation réalisateur. Elle exige de choisir en amont quelles couleurs et quels effets seront donnés à l'étalonnage. Sans ce travail de fond, le spectateur perçoit une rupture visuelle entre deux scènes, même si aucune des deux n'est ratée individuellement.
Le look "vintage" de la pellicule n'est pas un filtre Instagram. C'est le résultat d'une série de décisions techniques enchaînées depuis le plateau jusqu'à la salle et poussé jusqu'au tournage.
Ce que la formation réalisateur enseigne là-dessus
Le problème est de maintenir la cohérence esthétique d'un film tourné sur deux supports différents. C'est un sujet abordé au cœur du module Prise de vue et Image du Bachelor Réalisateur Monteur proposé par Acfa Multimédia, l'école de cinéma à Rennes.
Les étudiants ne travaillent pas uniquement sur les fondamentaux de la mise en scène. Ils apprennent à lire une image : identifier la latitude d'exposition d'une caméra, comprendre ce que l'étalonnage peut rattraper et ce qu'il ne peut pas, anticiper dès le tournage comment les rushs vont réagir en post-production. La formation réalisateur intègre aussi des modules sur DaVinci Resolve et Premiere Pro, les logiciel de référence pour l'étalonnage professionnel, ceux là même qui a probablement été utilisé pour harmoniser les séquences de Dune 3.
La direction de la photographie n'est pas une option réservée aux chefs opérateurs. Un réalisateur qui ne comprend pas les contraintes de son chef op prend des décisions à l'aveugle. C'est une des raisons pour lesquelles Acfa Multimédia, l'école de cinéma à Rennes, fait de la culture image une colonne vertébrale de la formation réalisateur, pas un cours annexe.
Comment se tourne un blockbuster aujourd'hui
Linus Sandgren n'est pas le seul réalisateur à faire ce choix. Ces dernières années, plusieurs réalisateurs ont opté pour une captation avec plusieurs types de caméra, en combinant supports argentiques et capteurs numériques selon les séquences. C'est devenu un workflow à part entière dans l'industrie, avec ses propres contraintes de plateau et de post-production appris en formation réalisateur. Quelques exemples récents :
- Oppenheimer (2023, Christopher Nolan) : tourné intégralement sur pellicule 65mm et IMAX 15-perf, sans aucun numérique. Un cas extrême qui a relancé le débat sur la viabilité industrielle de l'argentique.
- Babylon (2022, Damien Chazelle) : captation hybride combinant pellicule 35mm et ARRI Alexa, avec un travail d'étalonnage important pour unifier les deux textures.
- The Brutalist (2024, Brady Corbet) : tourné sur VistaVision (format pellicule large) pour restituer une image à la fois dense et granuleuse, avec un rendu numérique en post.
Dans chacun de ces cas, la cohérence visuelle finale repose sur une chaîne de décisions qui commence bien avant le premier jour de tournage : choix du stock AHU ou du profil LOG, définition des LUT de travail, anticipation de l'étalonnage. C'est précisément ce que les étudiants d'Acfa Multimédia, l'école de cinéma à Rennes, apprennent à construire dans leur cursus, pas uniquement sur le plan artistique, mais aussi sur le plan technique et organisationnel.
Dune: Partie trois posera sur les écrans une question que les cinéphiles débattront longtemps : peut-on vraiment mélanger pellicule et numérique sans que ça se voie ? La réponse de Linus Sandgren sera visible en salle dès la sortie du film. Pour ceux qui veulent comprendre comment cette question se résout, techniquement, esthétiquement, sur un plateau, la formation réalisateur proposée par Acfa Multimédia, l'école de cinéma à Rennes, est l'endroit où ce travail commence.